Sénégal-Sport : Mamaya, un sifflet trop encombrant !

Badara Mamaya Sène a été suspendu pour deux ans par la Fédération sénégalaise de football (FSF). La sentence est tombée lundi 22 avril. L’homme fort de l’arbitrage sénégalais se voit ainsi écarter du football dont il a été l’un des acteurs les plus influents. A tort ou à raison, il est attribué à l’arbitre de la finale de la CAN  1992, une capacité de nuisance qui ferait que les différents présidents qui ont essayé de se frotter à lui, y ont laissé des plumes.

Gare à ceux qui lorgnent le fauteuil de Issa Hayatou. Feu Oumar Seck d’abord, puis El Hadji Malick Sy «Souris» auraient commis un tel pêché. Quid de Me Senghor ?  
 

Qualifié de «Grand manitou», Badara Mamaya Sène est accusé de prendre «en otage» le football sénégalais à cause de la stratégique station qu’il occupe depuis plusieurs années. Il est le patron d’acteurs qui, sans eux, il ne peut y avoir de match de football : les arbitres. 
 

«Lobbyiste» devant l’éternel, il n’a perdu qu’un seul match depuis qu’il a rangé son sifflet. C’était lors de l’élection de 2009 qui a porté Me Augustin Senghor à la tête de l’instance fédérale devant son «poulain» El Hadji Malick Gakou. Une défaite dure à avaler surtout qu’elle a été enregistrée devant son «boss» d’alors, Amadou Diakité du Mali, venu représenté la CAF de Issa Hayatou. 
 

Depuis lors, Augustin Senghor et Mamaya Sène se sont regardés en chiens de faïence. Leur coexistence pacifique a fini par déboucher sur une attaque frontale après l’élimination du Sénégal par la Côte d’Ivoire à la CAN 2013. 

L’Etat via le Premier ministre, réclame alors la tête de Me Senghor qui oppose une fin de non recevoir à son ancien «client». 
 

L’occasion faisant le larron, Mamaya Sène saisit cette belle opportunité pour exécuter sa revanche. En vrai chef d’orchestre, Malick Gakou met la musique en branle. Pour fragiliser le président de la FSF, une cascade de démissions est organisée au sein de l’instance fédérale. 
 

Senghor sera sauvé par un réaménagement ministériel avec le changement au département des Sports. Exit Gakou ! Mbagnick Ndiaye arrive et «classe» le dossier. A moins qu’il ne soit mis en veilleuse ? 
 

Senghor, sorti indemne d’un putsh savamment orchestré, contre-attaque. Il dépoussière la recommandation de la FIFA qui exigerait la mise en place d’une Direction nationale d’arbitrage (DNA). L’interface entre la FSF et la CCA est confiée à Ismaïla Diallo, le 20 février dernier. Il est secondé par Alassane Diop. 
 

Sentant «son droit de vie et de mort» sur les arbitres lui échapper, Mamaya Sène sort l’arme fatale : le boycott des compétitions de la Fédération sénégalaise. C’est l’escalade. Reste à savoir qui va y laisser la peau.{jcomments on}

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