Rond point liberté 6, dans l’univers des femmes en quête d’un travail de domestique

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Non loin du rond point liberté 6, l’on remarque la présence de groupes de filles. Elles sont à la recherche d’un travail de domestique pour subvenir à leur besoin et à ceux de la famille. Certaines ont abandonné l’école d’autres n’y ont jamais mis les pieds. Leur point de convergence est le rond-point liberté 6 où elles se rassemblent avec l’espoir de décrocher un travail.

Au rond-point Liberté 6 de Dakar, des jeunes filles bravent la chaleur, assises sous des arbres, dans l’attente d’un travail de domestique. Formant plusieurs groupes, sur des bancs de fortune, elles discutent calmement. Certaines, foulard à la tête, pagne bien ou négligemment noué aux reins, sandales poussiéreuses aux pieds, tee-shirts bon marché arborés, jetant des regards de temps à autre sur les passants. Tandis que d’autres sont bien habillées, pantalons, hauts sur le corps, jolies tresses sur la tête et peau dépigmentée.

La majorité de ces filles qui squattent le rond-point Liberté 6 viennent des quatre points du pays. Astou Séne, une fille de petite taille, sourire constant sur les lèvres, est venue à Dakar après avoir arrêté l’école en classe de 3éme secondaire : «je suis venue ici à Dakar trouver du travail pour gagner honnêtement ma vie à l’instar de mes semblables». Astou la vingtaine, novice dans ce milieu de poursuivre : «J’ai arrêté d’aller à l’école par manque de moyens et je ne veux pas que cela arrive à mes petits frères et sœurs qui sont en primaire», dit-elle avec fierté. Et comme Astou, M.D est aussi originaire du Saloum.

Agées de 30 ans, cette demoiselle élancée, à la peau dépigmentée, est à Dakar depuis plusieurs années, et à déjà eu à travailler : «Avant, je venais ici que pendant les vacances pour travailler et gagner de quoi m’acheter des habits et des fournitures scolaires.

» M.D a aussi abandonné les bancs pour se lancer dans ce milieu qu’est le travail domestique. «J’ai eu mon B.F.E.M mais j’ai dû laisser tomber les études par manque de moyens».

Et d’ajouter : «j’avais un travail, mais mon patron est parti rejoindre sa famille à l’étranger, il y ‘a de cela un mois et depuis lors, je viens ici tous les jours, en quittant tôt HLM 4 chez ma tante pour y retourner le soir.»

Arrive une voiture 4×4 bleu de marque Hyundai. Tous les regards se tournent vers elle. A l’intérieur, l’on pouvait apercevoir une femme, habillée d’un ensemble boubou traditionnel bleu, foulard noué sur la tête et téléphone en main. Elle est à la recherche d’une domestique.

Après discussions avec une des intermédiaires, la dame est renvoyée à débattre avec une fille qu’on lui a désignée dans un des groupes, c’est Astou Séne. La femme fait une offre de 35.000 FCFA pour le nettoyage de son appartement et le linge de ses enfants. Après des négociations, la jeune fille accepte le travail et se décide à y aller aussitôt avec elle. «Mais elle est folle, comment peut-elle accepter 35.000 francs, en plus elle doit faire le linge, cela se voit qu’elle n’est pas expérimentée», s’exclame Mariam une jeune femme d’un âge plus avancé que sa cadette Astou.

«J‘habite Rufisque, je ne peux pas rentrer chaque jour, et c’est sûr qu’elle ne me donnera pas de frais de transport. En plus, le dimanche est sacré, c’est le seul jour où je peux me reposer, tout travail mérite repos». Puis la conversation dévie vers d’autres sujets. Adama Diatta, trouvée à quelques mètres de là, n’a jamais été à l’école. Elle est originaire de Ziguinchor et est venue ici sur le conseil d’une amie qui y vient souvent. «Au village, la vie est dure. J’allais toujours au champ, lorsque j’ai décidé de venir ici à Dakar gagner ma vie sur les conseils d’une amie», affirme cette jeune fille à la forte corpulence et qui maîtrise mal le wolof

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