Réduction du mandat présidentiel : Pourquoi Macky Sall tarde-t-il à franchir pas ???

L’autre exception à la règle de transparence prônée par le nouveau régime, c’est quand le président Macky SALL aborde la question brûlante de la réduction de son mandat. Encore une fois, le sujet a été remis au goût du jour d’une manière assez sibylline qui a fait rater au chef de l’Etat l’occasion d’apporter une réponse clair et nette à cette grande interrogation. Préférant rester dans une sorte de sadisme politique qui fait languir les citoyens sénégalais, Macky SALL nourrit de plus en plus de soupçons sur ses réelles motivations. Cette stratégie du clair-obscur nous fournit néanmoins un corpus d’indices qui révèlent pourquoi le président de la république entretient le flou sur une question aussi centrale et confine le peuple dans un rôle de « littérateur ».

Pour de nombreux observateur, la réduction ou non du mandat de Macky SALL est le dernier atout qui restera au président de la république au terme de son quinquennat supposé. Dans l’hypothèse où les projets du gouvernement tarderaient à voir le jour à cause de la morosité économique des finances publiques, le président serait tenté de jouer sa dernière carte au quitte ou double. Soit le quinquennat est la dernière mise pour s’octroyer un second mandat en guise de sursis s’il s’avère que la popularité de Macky SALL n’a pas subi trop de dommages et que l’Apr et ses alliés potentiels peuvent risquer une nouvelle mise au bout de cinq au pouvoir : soit les apéristes tentent le coup de force si tant est-il que les incertitudes sur l’hypothèse d’un second mandat pour Macky SALL s’accentuent davantage.

Une autre possibilité, celle que souhaite le président Macky SALL qui ne voudrait en aucun cas s’exposer à la vindicte populaire digne d’un 23 juin, serait que malgré la conjoncture actuelle, il arrive à amorcer la réalisation des projets contenus dans son fameux Plan Sénégal émergent, susceptibles de faire renaître l’espoir dans le cœur des sénégalais. Et là, cerise sur le gâteau, la réduction du mandat présidentiel de sept à cinq, interviendrait de manière décisive dans le sens de convaincre les électeurs de lui renouveler un second quinquennat qu’il semblera mérité.

Mais ce qui est vrai, c’est que si le président tarde à dévoiler ses intentions à propos de la réduction de son mandat, c’est que, quelque part, sa conscience lui rappelle qu’il a agi dans la précipitation et que cette promesse électoraliste ne s’inscrit pas dans la logique des sombres réalités de la politique. En effet, on ne cache pas ses intentions quand on est convaincu du bien-fondé de son acte, d’autant plus que rien ne s’oppose apriori au démarrage d’une procédure visant à abroger la loi sur le mandat présidentiel.

Cependant, quelles que soient les motivations dernières qui l’empêchent de franchir le pas, il faut dire que rien ne l’a obligé à faire cette promesse. Mais dans nos sociétés africaines, il y a ce qu’on appelle la parole donnée qui a plus de valeur que les formulations textuelles et réglementaires et qui veut que l’autorité n’a pas le droit de transiger sur sa parole. Une fois dite, la parole doit être respectée. Si le président Wade a eu des problèmes, c’est surtout par rapport au Wakh Wakhett.

Autrement dit, il y a la constitution qui ne l’oblige en rien à réduire son mandat et qui, au contraire, lui garantit 7 ans comme le voudrait une certaine frange de ses partisans, mais à côté, il a également la tradition qui lui rappelle sans cesse le syndrome Wade avec le non-respect de la parole donnée.

Au final, Macky SALL se retrouve, sans l’avoir voulu, victime de sa propre promesse et entre le marteau et l’enclume. Mais quoi qu’il en soit de ce dilemme difficile à plusieurs points de vue, les sénégalais ont le droit de savoir en des termes sans équivoque.{jcomments on}

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