Recrutement dans l’armée : Quand la devise de la grande muette est rangée aux oubliettes

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«On nous tue mais on ne nous deshonore pas.» Cette assertion a été toujours la devise de l’armée sénégalaise.La grande muette a été un corps qui se distinguait par son sens de l’organisation, de la solidarité et du respect envers tous ses membres.
Toute une jeunesse s’identifiait à ces vaillants » Jambars » , nous ressentions tant de fierté les 4 Avril, quand les militaires drapés de leur tenue d’apparat , têtes hautes , défilaient devant nos yeux de gamin. Combien de vocations patriotiquse ont été déclenchées aux lendemains de ces journées stimulatrices, rythmées au son de la fanfare militaire qui nous bernait avec des envolées comme » Niani Bagn na » ou » Galga ngay reubi » ?
Mais aujourd’hui, nous nous inquiétons de la dégringolade morale et organisationnelle de l’armée sénégalaise. À ce moment, des centaines de jeunes écument toutes les régions du Sénégal à la poursuite des recruteurs, dans ces lieux, ils vivent un calvaire sans précédent, leur seul tort est de vouloir s’engager sous les drapeaux et servir leur pays.
Mais comme il s’agit de cette armée où rien ne semble plus être offert sur un plateau d’argent, cette situation déplorable des jeunes semble n’offusquer personne. Et pourtant cela se passe en plein cœur de nos villes, au vu et au su de nos autorités qui restent insensibles à cette situation.
En effet, nombreux parmi ceux ci ont passé plus d’une dizaine de jours en attendant la commission et parfois sans nul sou, dormant à la belle étoile , sans manger ni boire. Certains jalonnent les routes en faisant la manche, une quête de pitance au niveau des passants. Le moins que nous puissions dire est qu’ils souffrent énormément. Et la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est la mort de deux de ces jeunes hier à Dakar, d’aucuns disent que c’est à la suite d’une bagarre, d’autres soutiennent mordicus que c’est dû à une bousculade.
Dans tous les cas, le mal est déjà fait, et les autorités militaires avaient vu venir car beaucoup de médias avaient alerté sur cette situation qui frôlait la catastrophe. Au lieu de repenser à organiser ce système avec des conditions beaucoup plus humaines , l’Etat major était dans sa torpeur, son silence nébuleux et coupable comme une » Grande muette «.
Un citoyen qui prend la responsabilité aussi lourde d’hypothéquer sa vie pour défendre l’intégrité territoriale de sa Nation, ne mérite-t-il pas plus d’égard et de compassion. Les immenses camps que nous possédons partout dans le pays ne peuvent -ils pas accueillir convenablement ses hordes de jeunes. Aux jeunes recrus du service militaire, comment osez vous vous engagez aux côtés de gens qui vous manifestent autant de mépris et de désintéressement ?

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