Politique : Oser la différence Par Adama Gaye *

adama gaye journaliste

A la veille de la présidentielle qui fit venir au pouvoir Macky Sall, voici neuf ans, j’avais mis en garde. Aujourd’hui, face à l’autisme d’une société qui veut forcer les gens à ne considérer comme seuls acteurs politiques pour faire le choix sur quelques individus dont aucun, AUCUN, ne me convainc, afin d’assumer le destin du Sénégal, je tiens à nouveau à me démarquer. Je n’en choisis aucun. Je refuse les camisoles de force. Ni les programmes, ni les parcours, ni les attitudes, ni l’entourage, ni l’image de n’importe lequel de ces acteurs politiques ne me rassure.

Pas question donc que je les suive. Pas question que je sois à l’origine de la validation de leur projet. Je ne serai pas ici à nourrir des regrets pour avoir tu ce que je pense d’eux. Leur route, leur vision, leur compréhension du monde et de notre pays ne sont pas les miens.

Et, pour reprendre Georges Pompidou, l’ancien Président français, quand je vois le nœud gordien d’un problème, je le tranche. Je tranche donc : je pense qu’il faut que les Sénégalais qui pensent comme moi se réveillent, se lèvent, et disent qu’ils veulent autre chose et sont capables de la produire plutôt que d’être des spectateurs de leur destin que d’autres, mus par des valeurs et capacités différentes, veulent leur imposer.

Désignons donc les choses par leurs noms et que la clarté soit. Totale.

Je ne suis ni Macky, ni Sonko, ni Karim, ni Idy, ni Khalifa, ni l’un quelconque des hommes et femmes que je vois se bouger sur la scène politique.

Je me réserve le droit de faire un inventaire politique et une appréciation sans états d’âmes aussi bien d’eux que de ceux qui ont eu à diriger le pays, en commençant par Senghor, puis Diouf et Wade. Avec fermeté. Loin des populismes et des soutiens parfois calcules qui, en fin de compte, servent le régime mafieux de Macky Sall. On voit souvent des alliances surgir à la veille des moments électoraux et alors ceux qui semblent flétrir ce régime se révèlent sous leur vrai jour : leurs pions encagoulent.

Je le dis donc à haute et intelligible voix qu’il nous faut nous sortir de nos approches émotives et enfantines. C’est le préalable pour que nous ouvrions grands les yeux sur la gravite de l’heure. C’est le moment de faire des choix pertinents pour nous extirper de cette descente en enfer de notre société qui est d’abord le fait de nos mauvais choix et de nos attitudes frileuses face à l’impératif d’une froide analyse de la situation.

Le climat sociopolitique confine à des alliances fausses, à un refus de regarder la vérité droit dans les yeux, à faire des concessions sur des valeurs fortes rien que pour donner l’impression qu’on sait s’accommoder avec une société hypocrite.

C’est cette logique politique qui a conduit à l’exacerbation des malheurs qui, de la démocratie à l’économie, de la religion aux…sports, se traduit par une succession de reculs de notre pays.

La leçon de la pandémie du Covid, avec ses morts par millions à travers le monde, son interruption de la vie, et ses remises en questions de fondamentaux que nous croyons acquis, rappelle que rien n’est déjà plus comme avant. Ne le sera plus.

Notre approche au leadership politique dans nos petits pays africains, le Sénégal en tête, n’en sera pas épargnée.

Je reste près de mon fleuve, pécheur, et il n’est pas question qu’on m’entraine dans les fulgurances fugaces qui font s’agiter les foules et individus sans révéler ce qui les meut. Bokoumaci.

Comme je l’avais dit naguère lorsque tous sautillaient pour élire et justifier l’arrivée au pouvoir de Macky Sall, avant qu’ils ne se mettent aujourd’hui à pleurer de sa mal-gouvernance, je répète que je ne serai pas force à choisir entre de moindres maux. L’excellence ou rien. Ou la solitude de mes convictions et de ma conscience.

Oser être diffèrent, a dit Ghandi, est un signe de leadership. Je le suis par la solitude de ce que je crois. Qui ne sera jamais soluble dans le fatras des complots et illusions.

Je ne m’oppose pas à un régime pour servir de marchepied à ses avatars. Surtout pas sous la contrainte d’une autocratie scripturale, amicale ou sécuritaire.

Le débat démocratique doit être contradictoire et ouvert ou ne sera pas, à mes yeux, ou je n’en serai pas…

Adama Gaye* opposant en exil au régime de Macky Sall.

PS : Le droit d’inventaire n’est pas un exercice qui se fera à tempérament. Il aura lieu continument. Nul ne sera épargné.

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