Peut-on commencer à s’inquiéter d’un recul démocratique au Sénégal ?

aabbdemo

Je préfère répondre à cette question par expériences…

Dans les grandes dictatures connues, des élections sont toujours organisées. Cependant, elles sont organisées en fonction des craintes du gouvernement. Des manifestations sont également autorisées par la loi. Toutefois, elles seront refusées pour des motifs choisis par les autorités. Les fameux motifs, comme vous le savez, restent : Troubles à l’ordre public (le fameux) et le non-respect d’une loi (Quel est le vrai contenu de la loi ?)

Et également, dans les grandes dictatures, tout ce qui peut légitimer une interdiction de manifestation est applicable. Les pistes de risques liés à un trouble public majeur, à la menace terroriste, à l’atteinte de l’Etat sont toujours privilégiés. C’est quand l’Etat utilise pleinement la terreur pour casser les manifestants et faire légitimer ses actions auprès d’une frange de population.

Et comme par hasard, une modification de la loi contre le terrorisme débarque en juin dernier au Sénégal en mode forcing. Est-ce qu’on peut dire que cette modification de la loi est liée aux évènements du mois de mars 2021 ou bien elle était déjà prévue depuis bien longtemps, et qu’il fallait trouver une opportunité d’application.

Toutes ces ruses du gouvernement empêchent de mieux comprendre la vraie problématique. Le rôle des autorités démocratiques est de protéger une manifestation pour éviter les débordements et non de semer la terreur pour justifier son interdiction. Et de surcroît, les autorités, dans une démocratie, doivent avoir une posture de pédagogie à l’égard de la population et éviter de rester dans la manipulation des lois et des consciences.

Par B. Camara

Soyons plus vigilants !

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