Ouverture du Centre d’enfouissement technique de Sindia: Les populations se pincent toujours le nez

Diass de colère ! Sindia intransigeant ! Commémorant hier l’anniversaire de l’arrestation d’un des ressortissants de la ville le 4 février 2013, qui manifestait contre l’érection du Centre technique d’enfouissement (Cet) dans sa localité, les populations ont affiché une nouvelle fois leur opposition à ce projet. Cette manifestation coïncide avec la volonté renouvelée des autorités d’ouvrir le Cet. D’un coût de 10 milliards de francs Cfa,  cette infrastructure fait pincer le nez aux villageois à l’image de l’odeur pestilentielle qui se dégagerait de ses entrailles après son ouverture. Mettant en garde l’Etat contre les troubles sanitaires que le Cet provoquerait chez elles, les populations ne comptent pas faiblir malgré «les pressions».

Les autorités ont, pourtant, rassuré les populations sur les risques sanitaires redoutées par son implantation. Mais, elles campent sur leur position et leur refus.  «Les autorités ne disent pas que la Banque mondiale a donné 10 milliards à l’entente Cadak-Car pour délocaliser Mbeubeuss à Sindia parce que l’Autoroute à péage va passer là-bas mais le même scénario va se poser car ici l’Autoroute à péage est à quelques mètres du Cet de Sindia», ajoutent-elles.

Alassane Ndiaye, membre du Collectif des habitants contre l’érection du Centre d’enfouissement de Sindia et Diass, campe le décor : «C’est à travers les médias que nous avons appris la réouverture de ce centre et nous disons haut et fort à l’autorité que notre refus d’hier est plus que d’actualité aujourd’hui. Nous ne comprenons plus ce que veut le gouvernement.» Il rappelle aux autorités leurs promesses : «A travers un décret, le gouvernement a dit clairement que ce centre est fermé.  Le Président Macky Sall, lors de la campagne électorale pour la Présidentielle, avait dit  qu’une fois élu, ce centre va disparaître.

On avait même promis de faire une fête pour lui décerner un prix  mais aujourd’hui son volte-face nous inquiète. Nous avons opposé un niet catégorique au gouvernement de Me Wade en son temps, et ce dernier  avait promis de délocaliser le Cet à Allou Kagn dans la forêt de Thiès. Qu’est-ce qui les empêche de le faire ? Il n’est pas question qu’on reçoive ce Cet.»

Les populations craignent que la mise sur pied de ce centre dans cette zone, promise à un avenir de grande mégalopole, ne soit un lit de maladies. Les arguments avancés par le Collectif des habitants contre l’érection du Centre d’enfouissement technique de Diass et Sindia pour contester ce projet sont adossés à une étude scientifique. «Notre refus a une base scientifique claire, pour montrer à l’autorité que cela n’est pas possible. Nous avons produit un livre intitulé Un regard critique du Centre d’enfouissement de 32 pages qui a été remis à l’entente Cadak-Car. Les autorités ont été incapables de nous donner des réponses par rapport à la géo membrane qui ne répond  pas aux normes. Elle pourrait atteindre la nappe phréatique. Nous ne savons pas quel gaz va sortir de ce Cet. Mieux, l’effet de serre que ce Cet va avoir sur les populations de Diass, Sindia et même Kiniabour sera plus grave. Il va causer des effets pulmonaires. La proximité du Cet avec l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass est un danger pour les avions car ne faisant pas bon ménage avec les oiseaux qui ne cherchent que les ordures», étayent les populations. En tout cas, les villageois déplorent l’attitude des autorités «qui n’ont pas daigné  nous convoquer pour avoir notre avis».
Aujourd’hui, les populations comptent reconduire le même schéma de lutte pour convaincre les autorités. Cela a commencé par une lecture du Coran pour l’échec du projet.{jcomments on}

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