Mollah Morgun: Un intrus dans la maison (Keur Gui)

keurgui

Le groupe Keur Gui (la maison en Wolof) de Kaolack avait des noms relatifs à la famille. Au début, ils étaient trois comprenant Kilifeu (le père), Taw (l’aîné) et Thiat (le cadet) mais l’aîné avait déserté la maison parce qu’il se sentait plus dedans sans doute, on lui donnait pas souvent la parole. Cependant, le père et le cadet montaient sur scène torses nus.

En effet, Kilifeu et Thiat ont été arrêtés puis déshabillés en taule pour avoir dénoncé certains maux de leur localité, des trucs qui n’arrangeaient guère le maire d’alors. Après leur libération, ils ont adopté la «nudité» dans leur concept.
De source sure, Kilifeu et Thiat et membres actifs du mouvement « Y en a marre », tout comme Fidel Barreau et Fou « Malin », ont touché de leurs propres mains une partie du butin de la corruption de drogue du président de l’IAAF, Lamine Diack, qu’on souhaite vivement une sortie honorable.
La seule erreur du groupe Keur Gui, est d’avoir hébergé un intrus qui n’a aucune connotation familiale, qui porte des habits dans la maison et qui n’est ni le cousin (domou badiéne) encore moins l’oncle (ndidiaye), conséquence : Il a dévalisé tout ce qui avait de bien dans leur foyer (le succès, le flow, les voyages, le respect etc.)
Mollah Morgun, un soldat de la rime qui a le rythme dans la peau, qui a ravi la vedette à tous les rappeurs de Dakar, capitale du Hip-hop sénégalais, qui fut le directeur artistique du troisième album «Nos connes doléances» du groupe Keur Gui.
Dès lors le groupe avait commencé à voyager et exporter leur musique et c’est suite à une tournée effectuée en Espagne que le Mollah avait décidé de s’installer en Europe. Il avait laissé entendre que cette décision faisait suite à une volonté d’amélioration de ses conditions de MC, d’avancement et d’ouverture sur le plan professionnel.
Mais certaines indiscrétions ont rapporté au rappeur, Koontoo Kunzun, que lorsqu’ils étaient partis tous les trois pour un concert, Mollah Morgun s’est laissé délibérément accroché dans les filets d’une dame espagnole.
Tout de même, le nom Mollah Morgun est inscrit dans les pages du Hip-hop Galsen, il a écrit des textes pour beaucoup de rappeurs sénégalais notamment Dakarois. L’affinité et la pertinence de sa plume lui sont reconnues au sein du mouvement, ce qui fait de lui l’un des meilleurs lyricistes de sa génération. Il a beaucoup fait jaser les B-Boys et B-Girls du monde de la culture urbaine.
En définitive, le groupe Keur Gui devait faire très attention à ne pas laisser entrer un intrus qui a couté très cher à leur concept Fun Da Mental qui méritait d’être inscrit dans une Encyclopédie…

 

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