Macky « bombardé » par les missiles de Casseroles…Le Palais ferme ses « oreilles »

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Macky Sall avait une formidable équipe autour de lui. A défaut de faire l’unanimité, il avait le respect de ses concitoyens, qui lui donnaient la considération qui sied à sa haute stature. Les institutions fonctionnaient tant bien que mal, incarnées par des hommes et des femmes de haute stature morale, qui réhaussaient son prestige et consolidaient sa dimension d’Homme d’Etat.

Macky Sall avait une majorité renforcée par le crédit accordé à ses collaborateurs, dont le leadership lui permit de vaincre sans péril ses adversaires et de s’octroyer un second mandat dès le premier tour de l’élection présidentielle.

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Les ministres limogés en 2020
C’est à partir de ce moment que tout bascula dans l’anomie, un formidable désordre qu’il théorisa sous le concept fast track, dont l’élément marquant fut la suppression de la Primature.

Cruelle désillusion de toute la galaxie apériste, dont le cauchemar connut son apogée à la faveur du dernier remaniement qui enterra toute la garde rapprochée du régime et consacra la montée en puissance d’hommes liges de la trempe de Mahmoud Saleh, doctement investis d’une mission politicienne qui prit le pas sur l’impulsion du développement économique du pays !

Ce fut le début de la pagaille, et la chienlit finit par s’installer, au fur et à mesure que Macky Sall faisait le vide autour de lui, pour prétendument tuer dans l’œuf toute ambition politique présentée par son Raspoutine en chef comme préjudiciable à son pouvoir, tout en courtisant les principaux ténors de l’opposition dont Idrissa Seck, qui était en fait en contact très avancés avec lui bien avant même la présidentielle.

Ce qui offusqua encore plus les sénégalais, ce fut le harcèlement injuste d’Ousmane Sonko, chassé de l’administration publique, insulté et vilipendé au quotidien par les chiens de garde de l’APR, et finalement élevé au statut d’opposant charismatique du régime mackyen par la haine personnelle de Macky Sall contre lui.

Les sénégalais ont horreur de l’injustice. Les sénégalais n’aiment ni la trahison, ni la duplicité. Ils ont assisté à toutes les tentatives d’élimination d’Ousmane Sonko du champ politique sénégalais.

Ils se sont rebiffés. Et ils ont pris fait et cause pour Ousmane Sonko, au fur et à mesure que les abus, scandales en tous genres et ralliements éhontés rythmaient la vie du régime, au sommet duquel trônait un Macky Sall au firmament de l’hubris.

Kwame Anthony Appiah a dit bien fort à raison que « l’honneur peut motiver les citoyens dans la lutte sans fin pour discipliner les actes de leurs gouvernements ».

Le peuple sénégalais a enclenché la lutte depuis mars 2021, et il devient urgent, pour la paix et la stabilité politique et sociale de notre pays que Macky Sall se discipline désormais, et discipline ensuite les actes de son gouvernement.

Ousmane Sonko a été élevé à sa stature actuelle par son désir forcené de l’écraser, mais, au finish c’est lui qui est de plus en plus honni dans la capitale, et pire, chahuté chaque jour encore plus dans tout le pays !

macky
Le président Macky Sall et certains ministres de son gouvernement
En s’isolant dans sa tour, entouré d’hommes sans foi ni loi, forts en « combinazione » politique sans éthique ni compétence, Macky Sall s’est coupé des personnalités de valeur qui lui vouaient un respect sans borne et une estime désintéressée. Seul, sans fusible, il s’est exposé si crûment qu’il a fini par descendre de son piédestal pour ne plus apparaitre aux sénégalais que sous la figure du politicien en chef de l’APR louvoyant entre les polémiques sur le troisième mandat et autres détails triviaux indignes de sa stature.

Il a royalement ignoré que tout autant qu’il faut le même poids pour maintenir équilibrés les plateaux d’une balance, autant il faut à un pouvoir qui gouverne de manière républicaine, une opposition qui s’oppose de manière démocratique.

En choisissant le conflit ouvert contre Ousmane Sonko au mépris du respect des règles du jeu démocratique, Macky Sall a créé un déséquilibre politique que la nature, ayant horreur du vide, à rééquilibré par le soutien d’une partie désormais non négligeable du peuple envers le président du Pastef.

Cruelle leçon politique que celle que Macky Sall aura ainsi appris à ses dépens : « les hommes investissent le leader avant d’investir la vision » !

Ousmane Sonko dont le seul haut fait d’armes politique fut d’oser s’opposer à sa toute puissance, s’est retrouvé projeté à la stature de chef de l’opposition, par l’opinion publique sénégalaise.

Il est devenu ce monstre politique fabriqué de toutes pièces par Macky Sall au fur et à mesure que le peuple sénégalais assiste au délitement des institutions dont il est l’incarnation de la première d’entre elles. Ces institutions, pour son malheur, sont rapidement passées de la période des privilèges, pour basculer à celle des abus ; le Sénégal d’aujourd’hui s’y enfonce en effet de plus en plus : le peuple n’en peut plus de compter les scandales des caciques de ce pouvoir alors qu’ils sont englués dans les affres d’une vie chaque jour plus chère que la veille, dans un climat d’insécurité où toute velléité de manifestations est durement écrasée dans la violence d’Etat.

Albert Camus avertissait que « quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet mais ce n’est pas pour prendre de ses nouvelles » !

En bafouant les institutions, en affaiblissant la loi fondamentale parce qu’il cherche obstinément par tous les moyens à réduire l’opposition à sa plus simple expression, Macky Sall a fini par mettre à genoux notre système politique. Il a favorisé l’émergence d’une opposition revancharde que le peuple soutient de plus en plus pour marquer son rejet du système mackyen.

Vu la forme quotidiennement plus violente de la manière dont Ousmane Sonko revendique sa stature d’intouchable de la dimension de son alter ego au pouvoir, tous les citoyens de ce pays qui appellent de leurs vœux la restauration de l’Etat de droit sont en danger.

En effet, « la raison et la politique suivent rarement le même chemin », comme le disait bien fort à propos Stefan Zweig.

A Macky Sall cependant de retrouver la sienne, pour l’intérêt supérieur de ce pays qui ne mérite pas ce qu’il est en train de vivre !

xibaaru

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