LE LAIT AU FOULADOU : Une filière porteuse de croissance

A Kolda, les économistes restent unanimes pour dire que le lait local constitue une filière porteuse  de croissance avec une  forte participation des femmes. La production de lait est exclusivement celle des bovins et est estimée pour l’année 2008 à 6 500 000 litres de pour une valeur de 1 650 000 000 F CFA sur la base du prix moyen de 250 F CFA le litre de lait au producteur. Ce reportage a été réalisé avec l’appui de l’ARD kolda.   Il faut noter cependant l’existence de 13 mini-laiteries (4 dans le département de Vélingara et 9 à Kolda). Il s’agit de petites entreprises qui ont mis en place un dispositif de collecte du lait local de leur localité. Ce lait est transformé dans les entreprises des mini-laiteries et vendu sur le marché local et sous régional dans des conditions plus hygiéniques.

Nombreuses sont celles qui s’activent dans la transformation et la commercialisation du lait au Fouladou. Cependant, la filière peine à prendre de l’envol. Et pour cause, au-delà des problèmes récurrents de  la « saisonnalité de la production, de la conservation et de l’enclavement de certaines zone de production » relevés par les responsables locaux du CINAFIL, les activités des femmes sont généralement plombées par « le manque de formation en techniques de transformation et en gestion financière ». A cela s’ajoute le fait que l’analphabétisme ne leur facilite pas souvent l’accès au financement. Sans oublier l’enclavement de certaines zones de production. Aussi, leur participation aux organisations de producteurs laisse à désirer.
 
Rôle et apport des femmes dans la filière lait
 
Une enquête participative réalisée avec les acteurs de la filière à Kolda renseigne que les femmes sont souvent propriétaires des bovins, font la traite et assurent la transformation et la commercialisation du lait. Cette enquête poursuit qu’au Fouladou,  « chaque femme gère le lait de ses vaches et de celles de ses enfants non mariés. Le lait des animaux du mari est récupéré par la femme qui est de tour de cuisine ». L’abreuvement des animaux en stabulation, les soins aux animaux malades et aux veaux, la traite, la transformation artisanale (en lait caillé et huile de beurre) et la commercialisation des produits sont les tâches traditionnellement dévolues aux femmes.
Un besoin de formation

Malgré cette participation non négligeable des femmes rurales, il y a à déplorer qu’elles n’ont aucun contrôle sur les facteurs de production, l’accès à l’instruction et au crédit leur est difficile, et leur niveau de participation aux organisations paysannes est faible. Toutes choses qui font dire aux économistes que l’amélioration de leur situation passe nécessairement par la mise en place d’un programme d’appui comprenant « des actions de formation et d’alphabétisation fonctionnelle ». Mais aussi des mesures d’accompagnement, comme la mise à disposition de matériels allégeant leurs travaux domestiques et la construction d’infrastructures physiques de base
 
Les possibilités d’accès aux crédits qui ne favorisent pas l’évolution de la filière
 
Des programmes de financement sur l’élevage sont  disponibles dans le cadre du système financier décentralisé. Toutefois, ils ne concernent généralement  que des activités à cycles courts : embouche ovine, production de poulets de chair. Certains groupements de femmes en ville en ont bénéficié. Mais l’absence de dispositifs financiers adaptés à la production laitière demeure une des contraintes majeures freinant le développement de la filière lait. Reste que les différends acteurs commencent à s’organiser pour mieux rentabiliser le secteur.{jcomments on}

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