Khalifa Sall maire de Dakar : Destin «présidentiable»

C’est lui ou la cata ? Au Parti socialiste, son nom revient dans toutes les équations et dans tous les débats de succession qu’on préfère différer jusqu’après les Législatives. En devenant maire de la capitale même s’il était pressenti dans le gouvernement de Abdoul Mbaye, il s’est octroyé le job parfait pour caresser ce rêve d’écrire son destin  en lettres capitales au fronton de la République. Selon certains analystes, Ousmane Tanor Dieng aurait compris l’erreur de lui laisser la gestion de Dakar qui constitue le plus vaste grenier électoral du pays : Fournisseur de sept députés,  la ville de Dakar concentre plusieurs millions d’électeurs que l’actuel maire pourrait décrocher avec ses réalisations dakaroises. Il a déjà casé plusieurs jeunes du Parti dans la mairie pour mieux se préparer.

Garçon charmant doté d’un verbe électrisant et d’une «forte personnalité», Khalifa Sall est le contraire de Ousmane Tanor Dieng.

Pour les socialistes secoués par ces douze ans d’opposition désastreuse, l’urgence se trouve dans la rupture et le changement d’orientation. A 55 ans, le temps joue en sa faveur au sein d’un parti socialiste divisé aussi en tendances électoralistes même si le sujet reste tabou. Il est clair que le Ps a besoin d’une profonde cure de jouvence pour redorer son lustre terni par les échecs répétés depuis la chute du pouvoir. Hic ? Khalifa Sall, à travers Macky Sall, voit un ralentissement de ses aspirations présidentielles légitimées aussi par son ancienneté et sa fidélité. Car, l’élection de l’actuel chef de l’Etat à 50 ans a laissé beaucoup de convalescents.

Pure œuvre du musée socialiste, il couve, selon son entourage, le rêve ultime de décrocher le poste de Secrétaire général des «verts» blasés par la désillusion de 2012.  Surtout que les «suiveurs» et les «confidents» lui collent l’étiquette de leader avide de pouvoir. Spécialiste des questions électorales notamment la gestion du fichier et du processus, polémiste hors pair,  il a une expérience assez épaisse de la gestion gouvernementale. Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des relations avec les Assemblées, il a tour à tour siégé dans les deuxième et troisième gouvernements de Habib Thiam. Ministre du Commerce et de l’Artisanat de Mamadou Lamine Loum, la raillerie avait soulevé le débat de la mainmise de l’ancien Premier secrétaire dans la formation du gouvernement. C’était le fameux «gang» supposé de Tanor : Mohamed El Moustapha Diagne, Khalifa Sall, Mme Aissata Tall Sall, Abdoulaye Maktar Diop, Souty Touré, Abdoulaye Elimane Kane et Mame Bounama Sall.

Le contexte et l’époque ont changé. L’actuel Secrétaire à la vie politique du Parti socialiste veut satisfaire ses appétits présidentiels même si le mot d’ordre est clair : Pas de débat sur la succession de Tanor Dieng. On va un jour le lever pour l’avenir de ce «grand» parti.{jcomments on}

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire