Gestion du marche au poisson de Dakar : Les mareyeurs se braquent

Le bras de fer qui oppose le Collectif des Mareyeurs pour le Développement du Sénégal au directeur du Marché au Poisson de Dakar risque de perturber les ménages sénégalais. Le collectif menace d’aller en grève pour dénoncer « une gestion calamiteuse » du marché par son directeur le Capitaine Babacar Diop. Calamiteuse ! C’est le mot qui revient le plus dans la bouche des travailleurs réunis au sein du Collectif des Mareyeurs pour le Développement du Sénégal. Ils s’insurgent contre la manière dont est géré le marché par son directeur le Capitaine Babacar Diop.

Selon Madame Awa Dial, Présidente de l’Association des Femmes Mareyeurs du Marché Central au Poisson et Présidente du Collectif National des Mareyeurs pour le Développement du Sénégal : «La gestion du marché n’est plus le même du temps de la Communauté Urbaine avec un certain Salif Diouf qui pratiquait une gestion saine reposant sur une administration efficace.

Cette gestion nous avait permis d’accumuler beaucoup de bénéfices qu’on réinvestissait dans les différentes organisations et groupement au sein du marché. Mais depuis, la gestion s’est détériorée. La chambre froide qui nous permettait de conserver les produits halieutiques ne marche plus. Au lieu de régler ce problème et tant d’autres il essaye de nous diviser pour mieux régner dans ce marché. En tant que membre du Comité de Gestion du marché je ne suis même pas informée encore moins associée aux décisions prises. Nous disons que ce n’est pas normal. Il faut que cela s’arrête.»

Le Porte-parole du Collectif National des Mareyeurs pour le Développement du Sénégal, Monsieur Babacar Mbaye, abonde dans le même sens que  Madame Diallo.

« Ce que je peux dire sur la gestion du marché c’est qu’elle est frauduleuse. L’exemple le plus patent c’est l’argent réclamé par le directeur du marché pour la confection des badges. Nous le lui avons versé depuis un bon bout de temps et jusqu’à présent, nous n’avons encore même pas vu l’ombre d’un badge. Donc nous sommes en droit de poser la question à savoir où est passé cet argent ? Ce que nous voulons c’est que ce directeur soit démis de ses fonctions par ce que c’est lui le frein au développement de ce marché ».

Selon Sidi Mbengue, un jeune vendeur de poisson, la manière dont le marché est géré laisse à désirer. Il décrie l’insécurité qui règne au marché à cause du manque d’agents des services de la police, du manque de lumière, du délabrement de la route empruntée par les camions, des voleurs qui sévissent au sein du marché. « Un marché de cette envergure sans poste de police de police est inadmissible. Des voleurs appréhendés aujourd’hui peuvent revenir demain par ce que les mesures qui devaient être prises pour leur interdire le marché ne le sont plus. Contrairement à ce qui ce faisaient. La photo d’un voleur arrêté une fois était placardée devant la grande porte du marché et l’accès lui était interdit à jamais. La route qu’empruntent les camions qui nous livrent le poisson n’est pas bitumée ».

Suite aux accusations portées contre lui, le directeur du marché, interrogé sur l question, réplique : « Ces accusations portées sur ma personne sont sans fondements car émis par une personne, M. El Hadji Djiby Ndiaye, président du Collectif des Mareyeurs pour le Développement du Sénégal, qui se sent dépouillé de toutes les prérogatives qu’il avait au temps du régime de Wade. Et vous les journalistes, il s’appuie sur vous. De toute façon, je n’ai rien à faire de ce que vous allez écrire ce n’est pas mon problème et cela n’engage que vous. »

Toujours est-il que si une solution n’est pas trouvée pour régler ce différend, la grève que ces travailleurs du Collectif des Mareyeurs pour le Développement du Sénégal menace d’organiser risque de perturber bien des sénégalais qui, culturellement, sont attachés au poisson. {jcomments on}          

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