Finance – Déploiement du business musulman : Le Sénégal veut ajuster son cadre réglementaire

Au Sénégal, la finance islamique est toujours à l’état embryonnaire. Cela, à cause d’une réglementation inadaptée, alors qu’à l’échelle mondiale, ce marché qui offre d’importantes opportunités, ne cesse de se développer et permet à beaucoup de pays non musulmans de faire face aux difficultés économiques actuelles. Le Sénégal semble vouloir maintenant emboiter le pas aux pays occidentaux où le business musulman constitue une véritable industrie.

Cela, en essayant d’ajuster son cadre réglementaire. «Les textes répondent d’une exigence, aux besoins des Etats. L’exigence est de nous ouvrir à cette opportunité qui implique un changement de texte qui sera fait sans aucun doute possible. La situation financière du monde est telle que nous n’avons pas d’autre choix que de nous intéresser aux nouvelles possibilités qu’offre la finance islamique à travers le Halal», indique Bamba Ndiaye, à la cérémonie de clôture de l’atelier de validation du Salon international sur le business musulman, prévu du 14 au 16 novembre 2013, à Dakar.

 
Un marché mondial de 670 milliards de dollars
Le Halal, selon Pr Khadiyatoulah Fall, un des promoteurs du Salon international, «est stigmatisé en Occident, dans sa dimension virtuelle de l’abattage. Cependant, est-il l’objet d’une industrie florissante auprès de plusieurs entreprises agro-alimentaires. Le marché mondial Halal est de 670 milliards de dollars et il augmente de 4% par année».

Quelques contempteurs soupçonnent la finance islamique de pouvoir être une piste cachée pour financer le terrorisme islamique. Malgré tout, souligne le professeur Fall, «elle est le signe de visibilité de l’islam en Occident où l’acceptation est la plus spectaculaire».  «Le monde musulman n’a pas pris la juste mesure de ce potentiel économique et des voies qu’il ouvre pour régler le développement de la Ummah et propulser le commerce à l’intérieur de ces pays qui n’est que de 18%. Les pays à forte concentration de musulmans de l’Afrique noire restent, pour le moment, des spectateurs devant cette agitation du marché du business musulman», déplore l’universitaire.

Ainsi veulent-ils, à travers le, Salon international prévu pour novembre, réfléchir sur les voies et moyens pour être des acteurs agissant dans le déploiement de ce business musulman ; mais aussi de sortir de ce paradoxe qu’un concept aussi spécialisé de la jurisprudence musulmane de Halal, soit un instrument de progrès dans les pays non musulmans et que dans les pays musulmans comme le Sénégal, les gens soient si passifs.
L’investisseur, dira le député Mbaye Niang, «a besoin de stabilité politique et sociale pour financer des projets de développement. Et le Sénégal montre qu’il est un pays stable, après avoir vécu deux alternances politiques paisibles. Ce qui reste, c’est de créer les conditions de confiance permettant aux investisseurs de venir au Sénégal.

Cela n’est possible que par la présence d’interfaces crédibles offrant des conditions de confiance». Le Salon international, d’après Moustapha Guirassy, directeur général de l’Iam, co-initiateur, devrait donc «avoir comme finalité de drainer dans nos économies des investissements socialement responsables (Isr) et d’amener le public comme le privé à explorer et à développer de nouvelles niches de business basé sur le principe de l’éco-efficacité».{jcomments on}

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire