ASSISES THIES -10 ans : Hamet Camara avait incendié un lieu habité pour 250 francs Cfa

Le visage en couteau, court sur pattes, Hamet Camara implore désespérément la clémence du Tribunal. «Je regrette profondément mon geste», dit-il, les yeux hagards en cherchant du regard le président du Tribunal. Son mince espoir est parti en fumée à l’annonce de la sentence : 10 ans de travaux forcés à perpétuité. Comme désarçonné, il retourne dans le box des accusés en attendant d’être ramené à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Thiès. Le cultivateur Hamet Camara (40 ans) est inculpé à la suite d’un incendie volontaire d’un lieu habité dans le village de Baliga à Tivaouane.

Lors des débats, l’accusé indique avoir brûlé la case de Sidy Diallo «pour lui faire peur». «Mon intention n’était pas de mettre fin à ses jours. On s’était battus trois fois de suite. Et c’est lors de la quatrième bagarre qu’il m’a sévèrement corrigé. A la suite de ce rixe, je n’étais plus en possession de toutes mes facultés mentales», indique-t-il à la barre, flanqué de son avocat. Digérant «mal» l’affront subi, le prévenu avoue s’être rendu chez Sidy Diallo pour «se venger».

Selon lui, l’incident est parti d’une transaction d’un panier de tomate. «Etant dans le besoin, je lui ai vendu un panier de tomate à 400 francs Cfa pour me procurer du chanvre indien», dit-il. Ce que conteste le plaignant Sidy Diallo qui parle de 250 francs Cfa. Devant la barre, il explique que le prévenu lui doit autant pour la monnaie de la vente. Il avoue avoir sommé Hamet Camara à plusieurs reprises de lui rendre son argent, en vain. «Il a prétexté l’avoir perdu en cherchant de la monnaie. Pis, la nuit, il est venu consumer ma case. En voyant le feu, je croyais juste à une lumière. Ce n’est que plus tard que je me suis rendu compte de l’horreur», déclare-t-il.

Interpellé le lendemain du drame, l’accusé Hamet Camara est placé sous mandat de dépôt le 21 janvier 1997, avant qu’il ne s’évade le 13 novembre 1998. Après 12 ans de recherches infructueuses, il est appréhendé le 22 août 2010, suite à un mandat d’amener, daté du 22 décembre 2008.

Dans sa plaidoirie, l’avocat général a requis les travaux forcés. Par la même occasion,  Salobé Gningue a estimé que l’examen ne relève aucun état de démence mais plutôt «des troubles caractériels». Ce que conteste l’avocat de la défense qui brandit «les troubles psychiques» de son client pour le disculper. «L’inculpé est sujet à un léger trouble mental associé à des troubles caractériels. Lesquels ont un rapport avec l’infraction qui lui est reprochée», insiste-t-il, en citant le rapport médical du psychiatre Aïda Sylla, commise d’office par le Tribunal.

De l’avis de Me Seck, les ennuis de santé de Hamet Camara lui ont même empêché de faire carrière dans la mécanique.

Se référant à l’article 432 du Code pénal, il a demandé à la Cour «de larges circonstances atténuantes». Une demande à laquelle le Tribunal n’a pas accédé. Hamet Camara va devoir patienter encore 8 longues années pour recouvrer la liberté. {jcomments on}     

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