Assemblée nationale : A quand des choses sérieuses ?

La situation qui prévaut à l’Assemblée Nationale du Sénégal devient de plus en plus inquiétante. En effet, si ce n’est pas la constitution de groupes parlementaires, c’est le vote de budget des différents Ministères qui sont à l’origine du tollé constaté ces derniers temps. Il se susurrait même qu’il y a peu, le Président de la République Macky Sall avait demandé à avoir des clarifications face à cette situation délétère, une information démentie toujours par voie de presse même si d’une façon ou d’une autre il y a urgence de lever ce coin de voile.

S’agissant de la constitution du bureau de l’Assemblée Nationale, il a été notés des irrégularités sachant qu’un bureau ne pouvant être élu sans au préalable la constitution des groupes parlementaires, ce qui n a pas été le cas, l’actuel bureau a été élu sans tambour ni trompette parce que la majorité mécanique l’emportait et qui plus ,est, c’est la constitution du groupe parlementaire des libéraux qui est venu relever la vinaigrette, une bataille de titan entre Modou Diagne Fada et Aida Mbodji, deux libéraux, le premier nommé porté par on ne sait quoi mais qui continue de clamer sa « Presidentitude » et la seconde par le PDS, s’en suit alors un tohu bohu indescriptible, bloquant du coup la bonne marche de l’institution, rappelez vous de l’irruption des forces de l’ordre dans l’enceinte de l’hémicycle.

A cela s’ajoute, ces invectives entre parlementaires, dernière en date celles opposant l’honorable député du « Peuple » Me El hadji Diouf à la représentante de la région de Fatick (fief du Président de la République) Aissatou Diouf. Ces derniers se sont donnés en spectacle aux vus et aux sus de tout le monde, les cameras et autres micros aidant, ce qui a d’ailleurs laissé médusé le Ministre de l’Economie et des Finances qui défendait son budget.

Des injures de toutes sortes, ignorant même qu’ils étaient des représentants du peuple. On croyait pourtant en avoir fini avec ses styles « El pistolero » mais que nenni, la situation va crescendo. C’est à se poser les questions de savoir si nous avons un Président de l’Assemblée Nationale digne de ce nom, ces députés ont ils été bien élus ou alors n y a-t-il pas lieu de revoir les choses, autant de questions qui peinent à trouver des réponses. Dans tous les cas, le Président de la République est interpellé car l’exécutif, le législatif et le judiciaire, tout est lié en somme c’est même pipe même tabac, mais que dire alors de cette parité saluée par plus d’un.

D’aucuns soutiennent que cette douzième législature est la plus nulle que le Sénégal ait connu depuis son accession à la souveraineté. En effet cette donne n’est pas faite pour arranger les choses sachant que 69% de la population sénégalaise est analphabète encore que jusqu’au CM2, on est analphabète, il y a problème même si on doit saluer la perspicacité des autorités pour ce qui est de la traduction par quelques langues locales. Relevons que cette parité a fini d’installer un imbroglio dans cette institution. On ne sait plus qui est qui, qui fait quoi ou encore qui est la pour quoi, autant de questions qui méritent réflexion pendant ce temps le Gardien de la constitution maintien le flou car préoccupé par son sacerdoce, « massifier » ce mot qui fait la une par les temps qui courent.

Les projet de loi passent comme lettre à la poste du fait de la majorité mécanique aidée en cela par cette parité qui semble porter un sacré coup à l’honorable Aida Mbodji, le taux élevé d’absentéisme avec des députés qui sont payés par l’argent du contribuable sénégalais à ne rien faire, et plus grave encore qui ne savent même pas ce qui ce passe dans leur milieu immédiat, mais le clou du spectacle aura été l’absentéisme des vice-présidents, on se rappelle de la session suspendue pour un quorum de vice-presidents pas atteint.

Ah la vache, tout ceci sur le dos des sénégalais qui n’arrivent même plus à voir la queue du diable pour la tirer.

On disait qu’en cas de vacance du pouvoir, il revenait à l’Assemblée Nationale, deuxième Institution de la République à assurer l’intérim, mais encore il faudrait qu’elle soit digne de ce nom. Pour l’heure retenons que la deuxième Institution du Sénégal dans sa façon d’exercer est en train de ternir l’image du Sénégal.

A Messieurs, Mesdames, leurs honorables, vous n’avez pas le droit à l’erreur, le peuple sénégalais, le Sénégal par delà le monde entier vous ont à l’œil même si le ridicule ne tue plus.

A Monsieur le Président de la République, vous n’avez pas le droit d’assister bras ballants à cette désinvolture, car il y va de votre crédibilité.

Il est grand Temps que vous sonnez la fin de la Recréation.{jcomments on}

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