Alhamdoulilahi, ce peuple…Par Adama Gaye*

adama gaye journaliste

Je dis Jummah Mubarak au peuple Senegalais. Parce que je vois, telles des lucioles dans une nuit noire, des lumières douces, tonifiantes, surgir çà et là, qui me prouvent que derrière sa longue atonie se cache une énergie qui n’attend que de se livrer. A son rythme. Il y a déjà ce qu’on a répété à satiété sur sa léthargie. Qui ne peut rester sur sa faim face à sa passivité devant les destructions des droits humains, dont la dernière est l’incarcération illégale du journaliste-chroniqueur judiciaire Pape Ndiaye ? Comment ne pas être tenté de le secouer en voyant ses conditions de vie se détériorer, sous le coup d’une folle flambée des prix des denrées alimentaires et des autres facteurs de la vie socio-économique ? Ou encore son laissez-faire devant les scandales qui s’accumulent, de l’achat d’un avion à celui d’un bateau de plaisance ou encore ces emprunts échevelés à des taux d’intérêts, usuriers, fabriqués pour s’enrichir les uns, les autres, reflétant autant de deals pour empocher les deniers du pays entre petits copains du pouvoir et financiers-escrocs, sur fond de tractations couvertes par l’Etat néocolonial français ? Qui n’a pas envie de vomir en observant son attitude blasée malgré l’assassinat, sous nos yeux, de notre démocratie, prise en otage, tandis que nos ressources naturelles ont déjà fini de ne plus nous appartenir puisqu’elles ont été vendangées, symbole d’une perte de souveraineté sur tous les plans devenue la plus forte réalité nationale ?Et pourtant, pourtant, ce matin, tout en sachant que ces combats-là sont ceux qu’il faudra mener, mon seul désir est de dire merci à ces sénégalais que je vois de plus en plus nombreux, anonymes et discrets, parfois s’affichant, qui sortent du bois pour m’encourager, me défendre, épouser ma cause, conforter mes idées et se poser en boucliers face aux campagnes de diabolisation d’un régime failli agissant avec les dernières espèces d’une presse corrompue et complice de sa criminalité. Sans oublier les porteuses de cartes de sante des bordels qui montent au créneaux pour faire sur la techtonique cette marche de péripatéticienne qui ne leur rapporte plus dans la vie active, du fait du poids des ans…Je salue, chapeau bas, ces Sénégalais, qui se reconnaitront. Ils sont de plus en plus nombreux. Je n’ose pas dire qu’ils ont vu la lumière. Ce qui est, c’est qu’ils ont leur propre rythme de maturation intellectuelle pour prendre leur décision. Ce sont des sages. Qui agissent sans se précipiter. S’assurent qu’ils n’ont pas affaire à quelque autre esbroufe, prétentieux de bas étage qui tenteraient de flatter leur ego ou leur patriotisme. Ils sont, en un mot, des Sénégalais : lucides. »Adama, tiens-bon », me dit une amie, qui est pourtant au cœur du pouvoir. D’habitude, elle ne s’exprime pas, mais son mot m’a semblé signifier une adhésion, un encouragement.Hier matin, c’est un jeune, très brillant, qui m’ecrit, en privé, pour me dire : « Je suis contre l’injustice et les attaques visant à vous diaboliser et surtout celles venant de salopes, surfant sur des mensonges montés de toutes pièces contre votre personne dans le vain espoir de ternir une image immaculée alors qu’elles trainent une vie lugubre, connue de tous »: voici d’ailleurs des faits et documents la concernant…L’enseignement que j’en tire est double: les arroseurs seront arrosés, d’une part, puisque l’information, la vraie, remonte plus vite qu’on ne le croit, dévastatrice, et, de l’autre, la culture de la médisance, par le détournement des medias, hier, de l’İnternet, aujourdhui, laisse desormais les gens de marbre.İls savent ou est la vérité, et qui croire; les mensonges, si orduriers qu’ils soient, ne passent plus, qui ne provoquent plus que mépris et dépit.C’est ce qui explique cette vague de sympathie que je vois monter, toujours plus Forte, et qui pousse de plus en plus de Sénégalais, libres et véridiques, a voler à mon secours sans me consulter ni en attendre rien, en retour. Bons samaritains, militants du juste, ils interviennent meme parois sur des sites ou certains manœuvriers, mercenaires du pouvoir, se décuplent pour que j’apparaisse comme un etre sans cœur, capable de se réjouir du décès de jeunes confrères tout en sachant que mes propos, quelques fermes qu’ils soient sont surtout un procès contre les activites insalubres de plateformes médiatiques encagoulées au service des sales causes du régime.Au milieu de la pénombre, enseigne la doctrine du leadership, allume une bougie au lieu de te plaindre. Ce matin, je veux saluer celles et ceux, ou qu’ils se trouvent, qui, de leur propre chef, allument des bougies sur ma route. J’y vois des lucioles au milieu de la nuit d’exil qui est mon vécu actuel. Sur ce chemin qui, soudain, s’illumine, par votre presence, de plus en plus engagé, sage et réconfortant, j’apercois la Lumiere du bout du tunnel, vous-aussi, nest-ce pas?Merci, Shoukran, que Dieu vous garde et garde notre pays.Le combat sera victorieux. Les lucioles chantent son air, triomphal…Les Senegalais ne sont plus indifferents, leur engagement m’oblige meriter cette confiance qui a pris du temps a se devoiler.Adama Gaye*, auteur de Otage d’un Etat (Editions l’Harmattan) est un opposant de Macky Sall en exil.

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