Afrique-Sénégal-Fesman3:AFRIQUE- UN DEMI- SIECLE DE « SURPLACE »

fesman

Depuis quelques jours, le Sénégal vit au rythme du Festival Mondial des Arts Nègres. Cet événement, troisième du genre, entend revisiter la culture nègre dans toute sa multi dimensionnalité. Il se veut aussi un fort moment d’introspection, de réflexion pour mettre à nu l’apport des hommes à la peau noire à l’édification du monde ; du monde libre, me dira l’autre. Afrique, il est bon de le rappeler, a été victime de quatre siècles d’esclavage marqué de pure et de pire cruauté. Bien de ses fils (les plus valides) ont été déportés au mépris des droits de l’homme, pour aller servir la cause de l’Occident. Humiliation, spoliation, viol, vol, brimades, pogrom, clanisme, racisme, ostracisme, délation, élimination systématique et j’en passe… caractérisaient souvent son quotidien. A cela s’ajoute un autre siécle de colonialisme confiscateur et négateur des libertés.

 

La tenue de ce festival dans notre pays doit permettre aux Noirs de prendre en main leur destin et les pousser à briser farouchement l’identité glaciale longtemps accolée à l’Afrique. Mettre fin à l’occultation de l’Histoire ! Elle est appelée à s’enraciner davantage dans sa culture pour résister aux typhons destructeurs de la modernité, car, comme disait l’autre, « La force du baobab se trouve dans ses racines ».Et le père concepteur de cette rencontre, Léopold Sédar SENGHOR le comprenait à merveille. Et montrant son attachement viscéral aux valeurs positives de nos ancêtres, l’écrivain-poète Jacques ROUMAIN disait de lui : « Léopold Sédar SENGHOR ne se précipitait pas dans sa machette pour sabrer et désarmer l’ennemi mais, dans sa culture ancestrale ».

L’organisation du 3ème Festival Mondial des Arts Négres en 2010 est également forte de symbolisme. Il se déroule en un temps où la plupart de nos pays célèbrent le cinquantenaire de leurs accessions à l’indépendance. Mais, aujourd’hui, la réalité est que ce demi-siècle d’ « échappée» au joug du maitre blanc est synonyme de surplace, de trait train quotidien ! On nous maintient toujours dans les rets de la dépendance. Pour prétendre accéder à la Magistrature Suprême dans nos pays par exemple , l’on est obligé d’aller à la quête d’un parrainage en Occident. Nos consultations électorales sont en permanence supervisées par l’Extérieur. Sur le plan économique, notre continent ne présente que 2% pour cent du commerce international malgré ses immenses potentialités naturelles (or, diamant, bauxite, phosphate, uranium, fer, ensoleillement, terres arables etc.) et on fait recours aux Grandes Puissances pour s’auto-suffire alimentairement. Nos Etats travaillent dans les langues du colon et, nous peuples réjouissons de porter des habits venus d’ailleurs. Que dire des films américains, espagnols ou mexicains qui nous scotchent dans nos fauteuils à longueur de soirée ? Que dire des fils d’Afrique qui se bigornent comme de méchants cons pour des enjeux de pouvoir ? Des pays comme le Japon, l’Inde, le Brésil, la Corée du Nord, la Chine sont devenus des modèles de réussite mondialement reconnus en jetant aux orties leurs «  habits d’emprunt ». Pressons l’allure pour ne pas rester l’éternel mendigote du monde. Il est l’heure de partir.{jcomments on}

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire