Affaire Lamine Diack : Mamadou Diagna Ndiaye et Me Habib Cissé, cités dans des transactions immobilières douteuses

Dans sa livraison de ce samedi 17 juillet, le quotidien français, Le Monde, est largement revenu sur l’affaire Lamine Diack. Plus précisément dans la partie mettant en cause l’un des co-prévenus du patriarche Sénégalais, Me Habib Cissé, ancien conseiller juridique de Lamine Diack. En effet, l’avocat Français est mis en cause dans une affaire douteuse de transactions immobilières au Sénégal entre autre. Le tout avec le « soutien » de hauts représentants Sénégalais dont l’actuel président du CNOSS Mamadou Diagna Ndiaye dont le nom a été évoqué par notre confrère Français, Yann Bouchez. 

Entre le 8 et le 18 juin dernier, dans le cadre du procès riche en rebondissements de l’ancien patron de l’IAAF, Me Cissé a été mis dos au mur dans cette affaire dite de présumée  corruption où « l’argent sale » aurait servi à des acquisitions immobilières douteuses. Selon Le Monde qui a disséqué le sujet dans sa page 13, en réalité il s’agirait de deux séries de transactions discrètement menées par Me Cissé depuis la France où il se trouvait. Après avoir lèvé le voile sur ce qu’ils associent à l’acte 1 (Un plus de 400.000 euros déplacés par un tiers à Dakar pour l’acquisition d’un bien immobilier en faveur de Me Cissé entre juillet 2012 et février 2013.)

Le quotidien Français informe que « La seconde offensive immobilière de M. Cissé à Dakar, dans une résidence à moins d’un kilomètre du premier appartement, comporte aussi quelques parts d’ombre. Cette fois­-ci, début 2015, Habib Cissé est passé par une société de gestion immobilière, Sablux. Afin de régler ce dossier, il a fait appel aux services de l’office notarial SCP Ndiaye­ Diagne­ Diallo,
l’un des principaux cabinets de la
capitale sénégalaise. »

Poursuivant dans sa démarche de déballage méthodique, Le Monde, preuve sous le nez, révèle que : « Le 29 octobre 2013, cette même étude a reçu 230.000 dollars de la part d’une société­ écran implantée à Singapour, Black Tidings. Au cœur de la vaste affaire de corruption dans l’athlétisme mondial, cette structure opaque (Black Tidings se traduit par «sombres nouvelles», en anglais) est liée à Papa Massata Diack dont le nom est une nouvelle fois cité dans les ramifications de cette affaire de présumé corruption et blanchiment d’argent. «PMD» a­-t­-il, lui aussi, investi dans l’immobilier, ou a­-t­il aidé
Habib Cissé dans ses opérations ? Une interrogation ici formulée par la même source qui retranscrit la réponse de Diack-Fils :  «Aucun commentaire, nous a
répondu le fils Diack. Sortez les
preuves irréfutables et formelles,
au lieu de verser dans la presse
sensationnelle de bas étage », aurait-il sèchement asséné. 

Dans cette série d’interrogations destinée à faire la lumière sur ces présumées transactions immobilières sombres, « Me Moustapha Ndiaye, notaire et associé de la SCP NDiaye­ Diagne Diallo, s’est dit « soumis au secret
professionnel » et n’a pas souhaité s’exprimer sur le virement de Black Tidings. Il assure par ailleurs : «Notre office n’a jamais
reçu une quelconque somme en
espèces, virement ou autres de
M. Habib Cissé.» 

L’autre question qui taraude les esprits est celle de savoir si « M. Cissé a­ bé­néficié de l’aide de personnages haut placés au Sénégal? », s’est demandé notre confrère au fur et à mesure de ces investigations. Ce qui a été décelé par Le Monde c’est que : « Selon des échanges de textos… Lors des transactions concernant le deuxième appartement à Dakar, l’avocat a tenu à remercier, par SMS, Mamadou Diagna Ndiaye, le président du Comité national olympique sénégalais (CNOSS), banquier de profession. «Mon

grand, grâce à toi, j’ai pu offrir à
ma mère un appartement à Dakar, lui écrit­-il le 5 mai 2015. Je tiens donc à t’en remercier fraternellement. Tu comptes beaucoup pour moi. Bien à toi, Habib », disait le SMS qui aurait été déniché. Ce grand nom du paysage sportif Sénégalais vient donc indirectement d’être associé à cette rocambolesque affaire. 

Personnage influent du monde sportif, Mamadou Diagna Ndiaye est membre, depuis août 2015, du Comité international olympique
(CIO). L’un de ses exploits les plus
récents consiste à avoir réussi,
en 2018, à convaincre le CIO d’attirer les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de 2022 à Dakar – reportés en 2026 pour cause de Covid­19 rappelle le quotidien. Toutefois,  Mamadou Diagna Ndiaye avouera n’avoir conservé « absolument aucun souvenir de ce message envoyé par Habib Cissé, encore moins de lui avoir répondu. »

Six personnes ont été jugées, du 8 au 18 juin à Paris, pour une vaste affaire de corruption dans
l’athlétisme mondial, sur fond de dopage en Russie. L’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), Lamine Diack, et l’un de ses fils, Papa Massata Diack, absent à l’audience, sont poursuivis
pour «corruption», «blanchiment aggravé», «abus de confiance et recel de ce délit».
Le parquet a requis quatre ans de prison contre le père, cinq ans contre le fils, et 500.000 euros d’amende pour chacun. 

Concernant Habib Cissé, ancien conseiller juridique de Lamine Diack, une peine de trois ans de prison et 100.000 euros d’amende a été demandée, alors que l’ancien patron de l’antidopage, Gabriel Dollé, a vu le parquet requérir deux ans de prison, dont un avec
sursis, à son encontre. Deux ex dirigeants Russes mis en cause ne se sont pas rendus en France.
Jugement prévu le 16 septembre…

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