ACCUSÉE D’AVOIR TUÉ ET ENTERRÉ VIVANT SON NOUVEAU-NÉ : Fatoumata Sidibé, mère de 6 enfants dont 5 hors mariage, écope de 5 ans de travaux forcés

La Cour d’assises de Dakar a évoqué, hier, sa dernière affaire d’infanticide. Fatoumata Bathily accusée d’avoir enterré vivant son septième enfant, après six autres dont 5 nés hors mariage, a été condamné à une peine de 5 ans de travaux forcés, malgré ses dénégations.

Dernière accusée à répondre du crime d’infanticide, devant la présente Cour d’assises de Dakar, Fatoumata Bathily a défendu la thèse de la non viabilité du nouveau-né à la naissance. Ce dernier n’a pas crié, a-t-elle indiqué en revenant sur les circonstances dans lesquelles elle a accouché dans la nuit du 28 août 2008, vers minuit sans assistance.

Alertée par la perte des eaux, elle a indiqué s’être alors traînée jusqu’à la cour de la concession où elle a mis au monde un nouveau-né de sexe masculin qui n’a pas crié. Selon elle, l’enfant n’a pas non plus réagi au toucher.

Elle en a alors déduit que le bébé était mort-né avant de prendre sur elle de l’enterrer sans en aviser ses proches. Mais, le lendemain, son frère Ibrahima Bathily, qui fait office de chef de famille, depuis le décès de leur père, mais aussi du fait de l’âge très avancé de leur mère, l’a interpellée, après avoir constaté qu’elle ne portait plus sa grossesse. Pour toute réponse, Fatoumata Bathily lui a révélé l’avoir remis à l’auteur de sa grossesse.
Nullement convaincu par ces propos, Ibrahima Bathily a invité Fatoumata à aller s’expliquer au commissariat de police de la localité. Soumise aux questions des limiers, elle a fini par révéler qu’elle a enterré son nouveau-né dans la cour de la maison. Pour s’en assurer, les enquêteurs se sont rendus sur place avec elle et ont exhumé le corps du bébé, pour se rendre compte qu’il était en état de putréfaction très avancé.

Une constance confirmée par le médecin légiste qui a toutefois précisé dans ses conclusions ne pas être en mesure de caractériser les circonstances du décès, non sans souligner l’absence de traces de violence sur le corps du nouveau-né. Ces indices graves et concordants réunis à son encontre, Fatoumata Bathily est inculpée du crime d’infanticide et placée en détention préventive.
À la barre, hier, les débats ont révélé que Fatoumata Bathily avait d’abord contracté une première grossesse hors mariage. Puis, elle s’est mariée et a eu une fille, avant de divorcer et d’enfanter cinq autres fois hors mariage, dont cette grossesse, objet de sa poursuite. Pour toute explication à cette situation singulière, le frère de l’accusée l’a mise sur le compte d’esprits maléfiques dont ont été victimes leur père, Fatoumata Bathily et une de ses sœurs.
Prenant avec des pincettes ces allégations, bien que compatissant au sort de l’accusée, l’Avocat général a soutenu que Fatoumata Bathily a bel et bien tué son enfant vivant. Pour en attester, il a brandi des indices de culpabilité comme le fait de n’avoir pas subi de visite prénatale, d’avoir accouché sans assistance, entre autres, et aussi l’empressement à enterrer le bébé à l’insu de ses proches. Le Parquet général a requis 5 ans de travaux forcés contre l’accusée.
Mes Malick Fall, Amadou Diallo, Abdou Dialy Kane et Moustapha Diop de la défense ont plaidé l’acquittement de leur cliente, en soulignant l’absence de preuves, d’ailleurs non rapportées par l’accusation. Rendant son verdict, la Cour a condamné Fatoumata Bathily à 5 ans de travaux forcés.

Source le Populaire par Abdoulaye DIEDHIOU

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